L’éducation aux médias et à l’information (ÉMI) n’est pas nouvelle, mais s’avère de plus en plus cruciale au vu de la circulation virale des contenus, et des impacts réels que ces messages peuvent avoir. Mais comment faire de l’ÉMI, parler de quoi, comment, avec qui ? S’il est relativement facile de se présenter à une classe et parler pendant une petite heure de son métier, proposer des interventions plus collaboratives avec les publics (enfants, ados et adultes) demande davantage de préparation et des outils.

 

 

L’éducation aux médias et à l’information (ÉMI) a pour objectif de développer notre discernement vis-à-vis des contenus d’information disponibles sur les divers supports médiatiques. Initiée au début des années 80, en réaction à la place croissante occupée par la télévision, elle est plus nécessaire encore aujourd’hui, en pleine confusion sur les contenus – vrais ou faux ? Informations ou opinions ? – et leur circulation virale sur internet.

L’acte de naissance de l’éducation aux médias et à l’information est la déclaration de Grünwald adoptée en 1982 par les participants à un symposium international organisé par l’Unesco sur les relations entre éducation et communication. La déclaration constate que les médias sont « un élément important de la culture dans le monde contemporain » dont « il ne faut pas sous-estimer ni le rôle de la communication dans le processus de développement ni la fonction instrumentale (…) pour favoriser la participation active des citoyens dans la société ». A l’époque la place croissante de la télévision était soulignée ; depuis Internet est arrivé. Foisonnant, à flux continu, il amplifie la circulation des contenus de tous genres (information, communication, rumeurs, mensonges…) par la démultiplication du public auquel on peut s’adresser.

L’éducation aux médias vient renforcer ou souligner la visée pédagogique et émancipatrice de l’information journalistique. Elle doit contribuer à une citoyenneté active et imperméable à la simplification, à la propagande et à la polarisation entre « pour » et « contre ». Il est essentiel pour tout le monde de savoir vérifier des contenus présentés comme informations, trier le vrai du faux et éviter d’être manipulé, puisque des choix qui en découlent (voter, consommer) ont un impact concret sur notre quotidien à tous.

 

Former à l’éducation aux médias et à l’information

L’Émi fait partie des 8 organismes de formation sélectionnés par les CPNEF de l’audiovisuel et de la presse pour proposer une formation de formateurs en éducation aux médias et à l’information (ÉMI). Ces formations sont destinées principalement aux journalistes qui souhaitent s’engager d’une manière complémentaire à leur métier.

Nous sommes convaincus à l’Émi que les intervenants en éducation aux médias et à l’information doivent pouvoir s’adresser à divers publics, et adapter leurs interventions aux groupes, à des temps plus ou moins longs, avec des propositions permettant aussi la production de contenus en ateliers. En partenariat avec deux associations intervenant en éducation aux médias et à l’information, Reporter Citoyen et La Zep, nous avons donc créé une Alter Formation sur 6 mois, à raison de 3 jours par mois, permettant d’aborder différentes facettes de la discipline, par la théorie et la pratique, avec des formateurs qui sont à la fois journalistes et des praticiens expérimentés de l’éducation aux médias et à l’information.

L’organisation de la formation permet aux stagiaires d’acquérir de la théorie, de pratiquer ensemble et en immersion, et de préparer le dossier professionnel qu’ils présenteront pour leur certification. La durée sur 6 mois laisse du temps pour la réflexion et à la maturation des savoirs, afin d’être prêts, à l’issue de la formation, de répondre à des appels à candidatures et demandes de structures avec des projets solides.

 

Pour vous inscrire à la formation : Alter formation Éduquer aux médias et à l’information